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Interview Magazine - Juin 2005 -

 

 

 

 

Voici la traduction de l'interview qui accompagnait ces photos:

Elle a grandit en faisant la navette entre New York et Tokyo, maintenant elle est une étudiante tranquille aux Etats-Unis, et une princesse de la pop multiplatine au Japon.

Nick Rhodes: Vous avez grandit à New York et à Tokyo, deux incroyables villes cosmopolites. Mais culturellement, elles ne peuvent qu’être plus différentes l’une que l’autre. Comment était-ce ?

UTADA: Quand j’étais enfant, les différences dans les cultures ne m'ont pas vraiment affectés. J’étais un peu comme une étrangère dans les deux villes, alors j’ai comme une troisième vision pour chacune. La principale différence est que Tokyo est si unifié. Il n’y a pas vraiment de fossé entre les gens, en termes d’argent. Ils semblent tous avoir une rentrée d’argent adéquate pour vivre et acheter les choses qu’ils veulent.

NR: Vous êtes complètement bilingue n’est ce pas ?

U: Oui. En fait, mes parents sont musiciens. Ma mère est devenue une célèbre chanteuse traditionnelle japonaise, et mon père un producteur. Alors, quand j’avais à peu près 12 ans j’ai réalisé mon premier album, qui était tout en anglais. Malheureusement, ça n’a pas percé à cause de pleins de problèmes avec la société de production. Mais à Tokyo, tout le monde essaye d’être bilingue. L’anglais est obligatoire dans tous les collèges, mais les gens sont timides devant les étrangers. Ce n’était pas facile de rester bilingue en étant enfant: Tout le temps nous étions en déplacement pour quelques mois, c’est comme si j’oubliais tout les autres langues.

NR: Vos débuts, First Love [1998], s’est vendu au nombre faramineux de 12 millions d’exemplaires au Japon - Plus de copies que n’importe quel disque jamais fait par un artiste japonais. Quel nerf pensez vous avoir touché avec ce disque ?

U: L’effet était vraiment surréaliste. C’était en partie parce qu’il n’y avait pas beaucoup de gens comme moi à ce moment la au Japon. J’étais née à New York et j’étais bilingue. J’ai mélangé beaucoup de paroles en anglais dans mes lyrics en japonais, et je manipulais la langue japonaise d'une manière dont je n’avais pas prévu. Je fractionnais les mots au milieu en ignorant totalement les règles générales de connectivité entre les syllabes et les trucs comme ça.

NR: L’année dernière, vous avez également lancé votre premier album en anglais, Exodus [Island Def Jam]. Comment les personnes au Japon ont réagi à cela ?

U: Les choses sont un peu différentes pour moi maintenant. Pendant des années j’étais vraiment connue comme une fille universitaire qui écrit ses propres chansons, la bonne fille. Mais en anglais vous pouvez être sexy sans vous rabaissez. La langue laisse plus de voie pour faire de l’humour et pour jouer avec d’autres choses. Je ne m’attendais pas à ce que beaucoup de gens achètent mon disque au Japon, mais en fait ça a bien marcher. Je fais mes propres programmations musicales, alors j’espère que les gens sont au courant de mes intentions et de ce que je fais qu’ils peuvent reconnaître dans ma musique, même si ils ne comprennent pas les paroles.

NR: Vous avez aussi travaillé avec de grandes personnes sur Exodus, comme Timbaland. Êtes-vous vraiment dans le style « musique urbaine américaine » ? (American Urban music)

U: C’est bizarre, parce que mes goûts musicaux, et ce que j’ai fait, est très pop, mais pour une raison j’ai juste eu  plus de contactes avec ces producteur de styles urbains. Je pense que c’est un intéressant mélange. J’ai aussi travaillé avec Pharrell Williams sur une chanson pour la bande originale de Rush Hour 2 [2001] et avec Jimmy Jam and Terry Lewis sur certaines choses.

NR: Alors, vous envisagez de faire une tournée aux États-Unis ?

U: Oui, c’est définitivement un challenge, mais j’adore ça. Je pense que je vais promouvoir Exodus en Europe avant ça et puis voir ce qu’il se passe. Tous mes amis musiciens au Japon me supportent pour ce que je fais. Mais quand vient la partie des lyrics, je suis contente d’avoir dépensé autant de temps dans mes traductions, parce que c’est rare pour un artiste d’être capable de s’impliquer dans cela. Je voudrais bien apprendre d’autres langues comme le français ou le chinois. J’ai été à Hong Kong, mais je n’ai vraiment jamais été sur le continent chinois, alors je veux vraiment y aller et tout y explorer. Une des choses intéressante dans ces cultures asiatique et qu’elles ont un exotisme, un traditionalisme antique et de l’autre côté, il y a un boom des technologies, des gadgets et de la science. Je suis vraiment intéressé de comment cela va devenir dans un demi siècle. Je pense qu’il y a comme un sentiment d’incompréhension total sur ce qu’est exactement le Japon, même pour les japonais eux même. Une partie de cela me fait peur, mais ça m’excite aussi.

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