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Voici la traduction de l'interview qui
accompagnait ces photos:
Elle a grandit en
faisant la navette entre New York et Tokyo,
maintenant elle est une étudiante tranquille aux
Etats-Unis, et une princesse de la pop
multiplatine au Japon.
Nick Rhodes: Vous avez
grandit à New York et à Tokyo, deux incroyables
villes cosmopolites. Mais culturellement, elles
ne peuvent qu’être plus différentes l’une que
l’autre. Comment était-ce ?
UTADA: Quand
j’étais enfant, les différences dans les
cultures ne m'ont pas vraiment affectés. J’étais
un peu comme une étrangère dans les deux villes,
alors j’ai comme une troisième vision pour
chacune. La principale différence est que Tokyo
est si unifié. Il n’y a pas vraiment de fossé
entre les gens, en termes d’argent. Ils semblent
tous avoir une rentrée d’argent adéquate pour
vivre et acheter les choses qu’ils veulent.
NR: Vous êtes
complètement bilingue n’est ce pas ?
U: Oui. En fait,
mes parents sont musiciens. Ma mère est devenue
une célèbre chanteuse traditionnelle japonaise,
et mon père un producteur. Alors, quand j’avais
à peu près 12 ans j’ai réalisé mon premier
album, qui était tout en anglais.
Malheureusement, ça n’a pas percé à cause de
pleins de problèmes avec la société de
production. Mais à Tokyo, tout le monde essaye
d’être bilingue. L’anglais est obligatoire dans
tous les collèges, mais les gens sont timides
devant les étrangers. Ce n’était pas facile de
rester bilingue en étant enfant: Tout le temps
nous étions en déplacement pour quelques mois,
c’est comme si j’oubliais tout les autres
langues.
NR: Vos débuts,
First Love [1998], s’est vendu au nombre
faramineux de 12 millions d’exemplaires au Japon
- Plus de copies que n’importe quel disque
jamais fait par un artiste japonais. Quel nerf
pensez vous avoir touché avec ce disque ?
U: L’effet était
vraiment surréaliste. C’était en partie parce
qu’il n’y avait pas beaucoup de gens comme moi à
ce moment la au Japon. J’étais née à New York et
j’étais bilingue. J’ai mélangé beaucoup de
paroles en anglais dans mes lyrics en japonais,
et je manipulais la langue japonaise d'une
manière dont je n’avais pas prévu. Je
fractionnais les mots au milieu en ignorant
totalement les règles générales de connectivité
entre les syllabes et les trucs comme ça.
NR: L’année dernière,
vous avez également lancé votre premier album en
anglais, Exodus [Island Def Jam].
Comment les personnes au Japon ont réagi à
cela ?
U: Les choses sont
un peu différentes pour moi maintenant. Pendant
des années j’étais vraiment connue comme une
fille universitaire qui écrit ses propres
chansons, la bonne fille. Mais en anglais vous
pouvez être sexy sans vous rabaissez. La langue
laisse plus de voie pour faire de l’humour et
pour jouer avec d’autres choses. Je ne
m’attendais pas à ce que beaucoup de gens
achètent mon disque au Japon, mais en fait ça a
bien marcher. Je fais mes propres programmations
musicales, alors j’espère que les gens sont au
courant de mes intentions et de ce que je fais
qu’ils peuvent reconnaître dans ma musique, même
si ils ne comprennent pas les paroles.
NR: Vous avez aussi
travaillé avec de grandes personnes sur Exodus,
comme Timbaland. Êtes-vous vraiment dans le
style « musique urbaine américaine » ? (American
Urban music)
U: C’est bizarre,
parce que mes goûts musicaux, et ce que j’ai
fait, est très pop, mais pour une raison j’ai
juste eu plus de contactes
avec ces producteur de styles urbains. Je pense
que c’est un intéressant mélange. J’ai aussi
travaillé avec Pharrell Williams
sur une chanson pour la bande originale de
Rush Hour 2 [2001] et avec
Jimmy Jam and Terry Lewis sur
certaines choses.
NR: Alors, vous
envisagez de faire une tournée aux États-Unis ?
U: Oui, c’est
définitivement un challenge, mais j’adore ça. Je
pense que je vais promouvoir Exodus
en Europe avant ça et puis voir ce qu’il se
passe. Tous mes amis musiciens au Japon me
supportent pour ce que je fais. Mais quand vient
la partie des lyrics, je suis contente d’avoir
dépensé autant de temps dans mes traductions,
parce que c’est rare pour un artiste d’être
capable de s’impliquer dans cela. Je voudrais
bien apprendre d’autres langues comme le
français ou le chinois. J’ai été à Hong Kong,
mais je n’ai vraiment jamais été sur le
continent chinois, alors je veux vraiment y
aller et tout y explorer. Une des choses
intéressante dans ces cultures asiatique et
qu’elles ont un exotisme, un traditionalisme
antique et de l’autre côté, il y a un boom des
technologies, des gadgets et de la science. Je
suis vraiment intéressé de comment cela va
devenir dans un demi siècle. Je pense qu’il y a
comme un sentiment d’incompréhension total sur
ce qu’est exactement le Japon, même pour les
japonais eux même. Une partie de cela me fait
peur, mais ça m’excite aussi. |